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Urumuri Rutazima – La Flamme du souvenir arrive à Murambi PDF Imprimer Envoyer

Kwibuka20 Communiqué de presse

3 Février 2014

Urumuri Rutazima – La Flamme du souvenir arrive à Murambi

Le Flamme Kwibuka arrive aujourd’hui à Murambi dans le District de Nyamagabe (anciennement connu sous le nom de Gikongoro), la neuvième étape de sa tournée des trente districts du Rwanda. Elle sera de retour à Kigali le 7 Avril 2014, pour marquer le début de la période de deuil national.

Les massacres dans la région de Gikongoro ont eu lieu en 1959, 1961 et 1963. En 1963, 14 000 Tutsis ont été massacrés en seulement quatre jours.

Au début du génocide contre les Tutsis, en 1994, les gens ont été poussés par le gouvernement génocidaire à fuir et à se réfugier ensemble à l’Ecole Technique de Murambi (ETO Murambi) qui était, à l'époque, en cours de construction. Il s'agissait d'une décision stratégique et planifiée par les autorités.

Les victimes fuyaient les massacres qui avaient commencé le 7 Avril 1994, y compris à la paroisse de Mushubi dans la Commune de Muko et à Gasarenda dans la Commune de Mudasomwa.

Située sur une colline isolée, mais visible, l’école ETO Murambi a été choisie de sorte que les tueurs puissent  rassembler les victimes et les tuer d’une façon systématique. Les responsables locaux et les soldats ont établi un réseau de barrages routiers pour contrôler les mouvements des Tutsis et beaucoup ont été assassinés ou violés avant même d'avoir atteint l'école. Les autorités ont également fourni des armes et des munitions aux miliciens et organisé le transport pour les personnes chargées de l'extermination de tous les Tutsis. Ils ont tenu des réunions avec les résidents locaux pour demander « une aide dans la guerre contre les Tutsis.”

Au même moment, ceux qui se refugiaient à l'école se sont vu refuser de l'eau et de la nourriture. Les conduits d'eau ont été déconnectés et ceux qui avaient apporté des provisions ont été refoulés. Malgré la fatigue, la faim et la soif, les victimes ont réussi à monter une résistance aux attaques. Après qu’ils aient repoussé une attaque le 18 Avril 1994, les préparatifs pour un assaut final ont été  intensifiés.

Le 19 Avril 1994, le président intérimaire Théodore Sindikubwabo a rencontré des responsables locaux et des officiers militaires à Gikongoro. Des fusils et des machettes neuves ont été distribués. Ce jour-là, les Hutus vivant dans la région ont été pris pour la « sécurité » dans les écoles avoisinantes dans le but d’identifier clairement ceux qui devaient vivre et ceux qui devaient être tués.

Lorsque l'assaut a commencé à 3h du matin le 21 Avril 1994, ceux qui avaient pris refuge ont essayé de se battre avec des pierres, mais la plupart ont été tués sous une grêle de balles et de grenades.

A 6h du matin, alors que les attaquants étaient à court de munitions, il y a eu un court moment de répit. Mais vingt minutes plus tard les exécutions ont repris. Les blessés et tous ceux qui étaient encore en vie ont été achevées à coups de machette. Cinquante mille personnes ont été tuées au total et seulement 20 ont survécu. Les biens des victimes ont ensuite été pillés.

A 11 heures, le préfet Laurent Bucyibaruta a remercié les tueurs "pour le travail bien fait." Après 1994, Bucyibaruta a fui le Rwanda et vit aujourd'hui en France.

Les génocidaires n’étaient pas seuls. Protégés par l'Opération Turquoise menée par les soldats Français, ils ont pu continuer le «travail» dans la région de Gikongoro pendant une période plus longue que dans les autres régions du Rwanda. Sous couvert d’intervention humanitaire, l'opération Turquoise a créé un refuge pour les génocidaires. Les troupes françaises ont même construit un terrain de volley-ball au-dessus des tombes des victimes, et, alors que le génocide se poursuivait aux alentours, ils ont continué  à se réunir là pour jouer au volley.

L’Armée patriotique rwandaise a libéré la zone à la fin du mois d’août 1994.

S'exprimant au sujet des événements de Murambi, Suzanne Nyirasuku, dont le mari et les huit enfants ont péri à Murambi, a dit: « Les Tutsi qui se sont réfugiés à Murambi ont été tués avec une extrême cruauté, mais ils étaient courageux. Ils sont morts après avoir lutté contre les tueurs qui étaient venus de toutes les régions de la préfecture de Gikongoro ".

L'événement d'aujourd'hui, pour accueillir la flamme du Souvenir, mettra l’accent sur ce qui s'est passé en 1994 et sur le chemin effectué depuis, par les habitants de la région et au Rwanda en général.

Simon Mutangana, un survivant, donnera son témoignage également. Il s’était réfugié à Murambi en 1994. A cette époque, il était professeur à l'Ecole Primaire Nyamigina. Aujourd'hui, Simon est le président d'Ibuka dans le secteur Tare.

Emmanuel Nyirimbuga, génocidaire, prendra également la parole. Il était chef de la milice hutu qui a effectué les massacres de Murambi. Il a contribué à distribuer des grenades, des armes traditionnelles et des machettes. Emmanuel a été reconnu coupable de génocide. Depuis, il a été libéré de prison après avoir exécuté des travaux communautaires.

L’hôte de l’événement d’aujourd’hui est le Maire de Nyamagabe Filbert Mugisha. Les invités spéciaux sont le ministre de la Jeunesse et des TIC, Jean Philbert Nsengimana et le sénateur Jean Damascène Bizimana.

La flamme sera reçue du District de Nyaruguru par les jeunes résidents de Nyamagabe, Faith Uwimbabazi et Dieudonné Bigirinkana .

Une chorale d'étudiants de SOS Villages Nyamagabe chantant la chanson “Urumuri Rutazima” accueillera la flamme. Le maître de cérémonie pour l'événement d'aujourd'hui est Alphonse Nkomezamihigo.